30 août, 2009

Comme un mal de pays...


Tu vois... J'ai relu les mots d'hier. J'ai repassé les ponts sur les virgules; j'ai relu... J'ai refait le voyage.

«Ici ou ailleurs…

Parfois elle fuit… Elle craint que tu ne la voies trop humaine et fragile… Le coeur frémit et s’émerveille encore, et tant et tant, des jours et des étoiles qui rêvent et qui s'éveillent.

Parfois elle s’enfuit… Parce qu’elle est vraie et elle trouve refuge dans la réalité. Elle n’a pas toujours les justes mots de l’esprit. Elle chancelle tantôt et valse, hésitation. Elle balbutie et sourit de ses fables incongrues. Elle tourne autour de son doigt, comme la mèche chevelue, le fil d’une histoire qui lui cause souci.»

Ne laisse rien. Ne laisse rien sinon la liberté de recommencer. De continuer les mots d'elle qui viendraient repeupler ici...

J'ai «renvie» d'écrire. Des mots qui veulent, qui grattent... Comme une petite maladie.

Comme un mal de pays...

Je reprends un début.

Elle... Je.

Oui.



06 août, 2009

Vague constance...


Fouille le rivage de ta langue de mer, efface la foulée des hommes abreuvés et dont tu as lavé jusqu'à l'arche du pied.

Lèche le bord des pages comme frôle la robe l'écume des paroles enluminées.

Envahit, pénètre les roches morcelées qui habitent la grève.

Mouille la glaise, estompe les moulages des insécurités qui portent la gravure de toute inspiration autour de la matière. Brise et casse ton moule et puis ton coquillage. Laisse sortir le son des ondes muselées.

N'invente que des jours vierges et laisse la hardiesse et la témérité se charger d'engendrer une postérité. Vois, les volutes du ciel dedans les grains de sable. Vois ce qui ne se voit pas.

Ne lègue que la vie à reconstituer.

Et la valeur du risque et la vague constance graver tes actes d'art et tes visions immenses.



Première publication: 12 septembre, 2007.

02 août, 2009

Une source impossible à tarir...


Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?
J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;
J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;
J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie
Ruisseler une source impossible à tarir.


Alfred de Musset, La nuit d'août...



03 juillet, 2009

With a faery, hand in hand...


Where dips the rocky highland
Of Sleuth Wood in the lake,
There lies a leafy island
Where flapping herons wake
The drowsy water rats;
There we've hid our faery vats,
Full of berrys
And of reddest stolen cherries.
Come away, O human child!
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand,
For the world's more full of weeping than you can understand.


William Butler Yeats, The Stolen Child...

05 juin, 2009

Papier de soie...

Papier de toi.

26 mai, 2009

Webshire...

Gaëna's land...

Pays de brumes et de merveilles...

L'invitation au voyage....

10 mars, 2009

Gaëna da Sylva Photographie





22 février, 2009

Au coeur de ce bourgeon...

«Temps
Déplie ton printemps
Rajoute tranquille un bourgeon à mon cœur» Schwan... B.P.


Je rajoute une fleur sous le frimas du mois
Au coeur de ce bourgeon et de cette promesse
De doux pétales frais comme des ailes humides

Une fleur volera
Par delà l'océan
Quand le temps dépliera son printemps...


31 janvier, 2009

Life, like a dome of many-coloured glass...


With hue like that when some great painter dips
His pencil in the gloom of earthquake and eclipse.

Life, like a dome of many-coloured glass,
Stains the white radiance of eternity.


Percy Bysshe Shelley...

19 janvier, 2009



Et si...




28 décembre, 2008

Blue in white...


Blue winter light.
White gloomy sight.

Bleu neige et jour fin. Paupières bleutées de flocons flous.
Branches lourdes.
Laiteuses.
Sommeil de Morphée dans l'essence des bois.
Silence.

Vies de sens.

Mots nus dans la brunante.
Déphrasés.
Légère bise azurée, brume bistrée.
Sourdine tapinoise sous le manteau albuginé.


Bateau grisé sur l'horizon.
Envol d'âmes.
Murmurent les sous-bois où la source d'argent
Frissonne de froid et glace ses reflets
De bulles figées et miroitantes
Dans la lueur latente.

Les flocons rasent les glaces d'une aile nonchalante. De ces plaines vastes et grandes et belles, s'élève et descend et passe la langueur des jours bleus au pays des blancheurs.


12 novembre, 2008

La lumière des jours...

Je vous offre mon rêve
Ses lumières et ses ombres...
Ma vision et ses songes
Où vos yeux erreront...

Je vous laisse les lumières ivres de mes images
Et leurs tendresses de matins blêmes
Leurs craintes nocturnes, leurs visages de nuit
Qui avouent sans vergogne

Je vous offre l'éveil...
Je vous offre la veille qui jamais ne s'endort
Je vous offre le temps qui voyage
D'adage en adagio

Qui se fraye un passage, juste là
Enfin...


05 août, 2008

Par delà les mers...

...par delà les terres...

Reste surtout cette capacité de tendresse, cette intimité parfaite avec le silence…

Reste cette main forte d’homme, pleine de docilité envers tout ce qui existe…

Reste cette immobilité, cette économie de gestes, cette inertie chaque fois plus grande devant l’infini…

Reste cet irréductible refus de la poésie non vécue, cette communion avec les sons, cette angoisse de la simultanéité, du temps…

Reste cette envie de pleurer devant la beauté, cette colère face à l’injustice et au mal compris, cette immense pitié de soi même et de sa force inutile…

Reste cette faculté incoercible de rêver, de transfigurer la réalité, cette incapacité de l’accepter telle qu’elle est…

Reste cet héroïsme statique, cette petite lumière indéchiffrable à laquelle les poètes nomment espoir…

Vinicius de Moraes... L’avoir (O haver), Poesia completa e prosa, 1964...

Gaëna Des Bois - fotógrafa de universos sonhados par Pricilla Santos OBVIOUS, Um olar mais demorado...


15 juillet, 2008

Au terrain des «je veux», Mirabelle...

Dix vagues...
Le terrain des «je veux»
Aux marelles, Mirabelle
Où les ponts, Mirabeau
Valsent sur les eaux
Valsent, tournent, tourbillonnent...

Les arbres à lettres
Du jardin des délis
Bruissent.

Des «je veux»
Des cheveux
Dans les doigts emmêlés
Des «je rêve»...
Enchevêtrés

Des bises des captifs
Des «je veux»
Nichés
Dans les paniers d'osé
Tressé
Et des voilures pour l'envolée

Des «je bats la breloque»
J'extravague sur les flots
Des vagues valses, Mirabelle
Divague sur dix vagues

Virevolte à la volette
Ferme les yeux, Mirabelle
Sur le pont des troubles eaux

Fête, trouble, belle Mira
Vois, regard de prunelles
Perce, transperce
Capture le soleil, navire ami
L'amiral navigue...

Chavire, chavire sous les ponts, Mirabeau
Au jardin des possibles
Délices
Chapeautées des hélices
Désinvoltes envols
Des envolées à faire rêver
À faire rêver, Mirabelle...

Ses bras glissés tout autour d'elle
Elle vole, belle Mira
Ses amauroses prunelles
Couleur de ciel



(Première publication: 13 novembre, 2007)

24 juin, 2008

À la croisée des mots...

Ils sont des mots qui font peau neuve... Des mots de roses, comme les fleurs et les jardins qu'on défriche. Des mots qui rejaillissent et cultivent le passé pour mieux faire leur demain. Des mots bleus, d'encre coulée comme une eau tendre... Des mots passés qui referont surface... Un mot à l'endroit... un mot à l'envers... Les mots se suivent et ne se ressemblent pas... Les mots d'amour, les mots doux... Les mots d'enfants, les mots d'esprit... Des mots qui glissent sur les rondeurs des cursives langueur. Elle te dit la balade dans les bois, le chien libre et ses pas. Ses pas, prémisses au chemin. Elle sait l'esprit des grands explorateurs simplement en ses pas sur la blancheur de neige. Elle te dit et ne te dit pas. Son reflet dans le miroir de la nuit lui sourit...


À présent nous pouvons concevoir ce qu'est une émotion. C'est une transformation du monde. ...
Le passage à l'émotion est une modification totale de « l'être-dans-le-monde » selon les lois très particulières de la magie.
Sartre, Esquisse d'une théorie des émotions, Paris, Hermann, 1939, p. 43, 66.

Dans une détente délicieuse, je m'épanouissais. Je me rappelle ce dégel de tout mon être sous ton regard, ces émotions jaillissantes, ces sources délivrées. Mauriac, Le Nœud de vipères, 1932, p. 46.

L'émotion est d'origine esthétique, spirituelle, mystique. Émotion mystérieuse, rare. La vie de la musique divine et illimitée, dans le monde des émotions sans nom. (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 191) :
Certaines combinaisons de paroles peuvent produire une émotion que d'autres ne produisent pas, et que nous appellerons poétique.
Valéry, Variété V, 1944, p. 137.

Gaëna, c'est l'émotion; les nuances subtiles de l'existence.

C'est l'expression d'un temps qui passe et va, jusqu'à se décolorer, circule en boucle sur le corps d'un monde comme une terre, et ramène à une essence intérieure. C'est l'aperçu d'un présent, une promesse de passé. Gaëna, ce sont des images saupoudrées sépia, patinées, peintes, teintes sans manière véritable sous l'effet spontané de l'exploration. Sans frontières, les visages se côtoient dans le périple photographique. Foule dansante, mouvante, foule d'expressions. Visage-paysage, visage-humain, visage-nature... Et le corps, le pays qui voyage.

Autodidacte, Gaëna utilise un outil simple et recherche avant tout l'expression d'une émotion, d'une pensée naturelle. Instinctive, Gaëna laisse défiler librement le film humain pour capturer cet instant "décisif" dont parlait le Cardinal de Rez. La musique est aussi voie du voyage. Voie de parcours au coeur de l'autre, celui qui invente l'image par le son.

Tout est image. Sens. Texture palpable sous la paupière, au coeur de la rétine jusqu'aux entrailles de l'imaginaire.

Médium: Lumière-matière... Ombre velours et signe de l'infini.

Toute petite, déjà, Gaëna est attirée par les lumières. La première marque-souvenir d'un jeu d'ombre et d'éclats lui vient du soleil changeant son axe. La teinte dorée de fin d'été, léchant les murs briquelés en façade des maisons de son décor d'enfance, au sein d'un quartier populaire du Québec, couche encore ses ombres longues dans sa mémoire. Elle joue très tôt avec l'écriture et utilise, inconsciement, le phrasé pour graver sur papier des images de mots. Elle saisit souvent dans son carnet de route, les portraits verbaux de ce -ceux- qui croisent sa route. Inspirée du quotidien, l'image reste et demeure archive, témoignage de l'époque en preuve de passage; son passage et celui des années neuves du 21e siècle.


Le site professionnel de La Chambre Noire... sera lancé, quelque part en hiver.

25 avril, 2008

Un jour, le ciel avalera la Terre...


Un jour, le ciel avalera la Terre. Il la croquera, la dévorera goulûment comme un fruit au bosquet, mûri au soleil, butiné par l'interstellaire abeille... Ou quelqu’insecte ayant à cœur l’évolution d’un monde. Celle aux ailes de soie et le petit sucre merveille... Ou un nectar saveur de ciel… Un jour, le ciel avalera le monde et ses Hommes auront des ailes. Seront-ils papillon, bourdon maladroit, libellule porteuse de noblesse, oiseau d'un paradis perdu aux lumineux coloris issus de la nature? Ils voleront et se bruleront, en une parcelle de seconde... À une lueur, chandelle immense où volètent dans son halo, les poussières de vivants... Des oiseaux qui ne connaitront pas la lumière.

En attendant, l’invention t'invente, m'invente. Nous invente. Verbalise et joue du verbe, ce qui n'existe pas, chante des notes joyeusement fausses, roule sur l’autoroute, en grand et grassement, à la manière de tout et rien. Mille mots en un clin d’œil…

Elles seront des fois, merveilleuses d'histoires et d'aventures sublimes. Ils seront des croquis croqués dans la mémoire de la main qui danse, là. Flamenca. Sur le bout de papier, là… Ballerina. Les croquis verbaux sont entassés entre des lignes papiéresques, aux douceurs d'un grain, celui de l'arbre qui l'a fait naître. Un jour, il sera la mémoire effacée d'un désert de vent où souffleront des grains de nuages et l’absence de l’Homme. Où souffleront des poussières de silence dans un rayon sans nom, sans l’Humain pour le nommer, le pointer du doigt dans l’enfance, dans le soleil qui danse. Un jour, un peu avant tout cela, tu seras l’enfant et tu pleureras ta Terre.

Belle nature. Belle nature de planète. Belle musique de terre qui fait valser ses grands feuillus et ses troupeaux sans barrières. Belle nature qui a besoin d’un jour quand chacun est le sien. Belle tristesse de ses saisons qui passent en gravant, première écrivaine, première artiste entre tous.

Un jour la Terre ne sera
Qu’un aveugle espace qui tourne
Confondant la nuit et le jour…

Jules Supervielle.

free music

13 mars, 2008

Mademoiselle Arpège... Des voyages au château...

Images, images, de tous les sépias...
Comme un voyage, un retour dans le temps...

Un retour dans le vent...
Le vent du large, du large des bois
Du large vent qui chante puissant
Fâché
L'écumeur de lumière sur la rive du jour
A détroussé le temps,
L'invisible pillard voleur de chaleur
Sur la rivière du temps qui court
Sur le cours des rêves qui arrivent à éclore

Sous les espoirs qui frémissent, feuillages bruissant quand le temps des feuilles est venu... Quand le temps des feuilles sera venu. Des fruits et des grands champs qui oscillent doucement, dansant sous l'harmonie du vent qui emporte comme des bras doux passionnément...

En cours de rêve... J'ai vu belle lumière chavirer dans les longs couloirs du château merveilleux. J'ai saisi une étoile de jour qui cherchait le repos. Elle a dormi, somnolé, sur la paume de ma main. Et j'oscillais, comme le champ dans le vent. Berceuse d'étoile dans toutes les langues du monde et du ciel. Le matin, la neige d'hiver flottait devant l'immense et je jouais à la dame, robe de bal, jupe à froufrous, dans les longues allées du beau château ailé. J'allais, pieds nus sur les doux tapis silencieux.

Mademoiselle Arpège faisait voler de la musique et je pensais à ses mots si beaux qu'il cachait parfois...

free music

21 février, 2008

Une lune couleur sépia...


La lune fardée reposait galamment sur son drap symphonique, sur son beau bleu Satie…
Velouté teint de pêche inspirant volupté, la lune roussie s’immergea dans l’ombrine, gracieuse nageuse de l’espace silence.
La belle bistrée s’enfouit dans les voiles, qui voguaient dans l’onde ronde…

La lune sépia, sage image ancienne, fleurit de mystère la nuit.

Il y avait de la musique entre les étoiles. Une danse aérienne, barcarolle… Sarabande et farandole.

Ballet d’anges, orchestique… Sublime poème.

L’éclipse qui révèle...
free music

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